Mémoires de Weljev, p
3. Arrùt de la cour des comptes, aides et finances de Montpellier, qui, sans s'arrôter à l'ordonnance des commissaires du roi et des états du 30 janvier dernier, fait défense de la mettre à exécution, à peine d'enquis, du il mars 1788. » Bihlioth. nat., Lb»», n» 531.
agents du fisc ne parvenaient pas à vaincre. Le désordre de la justice venait augmenter le désordre des finances.
Ceux des parlements de province qui ne prenaient pas la peine d'imagincT un motif spécial de querelle intervenaient dans celles des autres et se prononçaient tantôt en faveur du parlement de Bordeaux, tantôt en faveur des deux conseillers de Paris, incarcérés à la suite de la séance royale. « De toutes parts, dit un témoin qui n'est pas suspect, un parlementaire % des remontrances étaient adressées au roi. Le garde des sceaux les renvoyait sans réponse ou avec des lettres de réprimande. L'hiver se passa dans ces débats, qui présageaient une crise inévitable et prochaine. » Même récit dans les mémoires d'un autre témoin également digne de foi ^ : « Pendant quatre mois, toute la France retentit de remontrances, d'arrêtés, de cris de toute espèce, qui demandaient la révocation de l'exil du prince, la liberté des magistrats prisonniers, l'abolition des lettres de cachet ; et déjà même quelques voix se firent entendre pour la destruction de la Bastille et autres prisons d'Etat. » Il était réservé aux parlements de province de jeter dans la circulation une idée qu'on attribue généralement aux prédications démagogiques de 1789. Ce n'est pas la seule, hélas! parmi les idées de cette nature, dont la responsabilité remonte jusqu'à eux. Ajoutez qu'ils ont eu soin de livrer à l'impression, c'est-à-dire à la publicité, toutes leurs remontrances, qui se comptent par centaines, toutes leurs élucubrations, plus dignes de tribuns que de magistrats. On leur doit cette justice qu'ils ont largement contribué à l'éducation révolutionnaire de la France.