‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 242 sur 350 · janvier 1788, eodem, p · texte numérisé non relu

janvier 1788, eodem, p

les droits de citoyen aux non-catholiques. L'évêque de Dol osa vendredi dernier adresser à ce sujet au roi un discours qu'il termina par ces mots : — Vous répondrez, sire, devant Dieu et devant les hommes, des malheurs qu'entraînera le rétablissement des protestants. Madame Louise, du haut du ciel où ses vertus l'ont placée, voit votre conduite et la désapprouve. — Le prélat reçut là-dessus l'ordre bien mérité de se rendre immédiatement dans son diocèse. » Désespérant d'ébranler la résolution du roi, le parti dévot dirigea ses efforts du côté du parlement. Une des plus grandes dames de la cour, la maréchale de Noailles, fit rédiger, contre le projet ministériel, un mémoire dont elle portait ellemême un exemplaire chez tous les magistrats, avec un billet ainsi conçu : « Madame la maréchale de Noailles est venue chez M. le conseiller *** pour lui recommander la religion et les lois dont le parlement est le dépositaire \ » A force de plaintes et d'exagérations, on finit par susciter une espèce d'émeute, qui réclamait à grands cris le rejet pur et simple de l'édit du 19 novembre ^ Une émeute en faveur de l'intolérance, quelques mois seulement avant la convocation définitive des États généraux !

Le parlement de Paris n'avait pas besoin d'être poussé dans cette voie rétrograde. Il n'était que trop enclin à la suivre. Aussi l'examen de la loi nouvelle entraîna des débats interminables. Les récriminations des opposants n'épargnèrent personne. « Louis XVI , bien plus véritablement religieux qu'aucun de ses censeurs, fut à peu près, dans les chambres assemblées, accusé d'oublier et sommé de maintenir la religion de ses pères et celle du royaume, parce qu'il ne se croyait pas permis

1. Quatrième bulletin de nouvelles adressé par Mme de Staël à Gustave III, fin 1787 {Gustave III et la cour de France, t. I, p. 411, 412).

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