‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 249 sur 350 · Mémoires et correspondance, t. II, p. 217 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires et correspondance, t. II, p. 217 et suiv

le nombre des autoritaires diminue, celui des libéraux augmente. Les chances d'un coup d'État s'amoindrissent, pendant que celles d'une révolution, pacifique ou violente, ne cessent de gagner du terrain.

En même temps, l'organisation administrative de la France subissait des changements qui, sans avoir l'étendue ni la profondeur qu'on leur attribue de nos jours, n'en contribuaient pas moins à entretenir l'effervescence générale des esprits. Les assemblées de province commençaient à fonctionner. Pendant les derniers mois de 1787, elles se réunirent en session ordinaire S partout où l'hostilité des parlements n'avait pas arrêté l'exécution de l'édit de juin. Vinrent ensuite les assemblées d'élection. Avec plus de lenteur et de difficulté, les assemblées municipales se formaient aussi peu à peu. C'est ici le cas d'étudier les premiers effets du nouveau régime; et le meilleur moyen de les comprendre est de jeter sur le régime lui-même un coup d'œil impartial. Pour ma part, je serais heureux de reconnaître au gouvernement de Louis XVI l'honneur d'une réforme vraiment large et féconde. Celle-ci a été le prétexte d'éloges qui dépassent toutes les bornes du paradoxe historique. Voyons jusqu'à quel point elle les mérite.

D'abord, il faut avouer que la lecture de l'édit n'est pas faite pour inspirer une confiance absolue dans la franchise des réformateurs 2. Son laconisme insolite contraste singulièrement avec l'importance de la matière.

1. Les membres, qui en formaient le noyau, avaient commencé par se réunir en session préliminaire^ afin de se compléter. Voyez ci-dessus, §2.

Page 1