Eodem
qu'en se hâtant de réunir les assemblées provinciales Brienne n'avait pas négligé les questions d'argent. On sait que jadis, dans les pays d'étarts, la perception des impôts royaux était soumise à des règles spéciales; elle s'effectuait par voie d'abonnement. Le chiffre total mis à la charge de la province était l'objet d'une discussion préalable entre les commissaires du roi et les membres des états particuliers. Quand ceux-ci l'avaient accepté, ils se chargeaient d'en faire verser le montant dans les caisses du trésor, et, en échange, le gouvernement leur abandonnait le droit de répartir et de recouvrer la somme convenue, comme bon leur semblait. Lorsque Necker installa les premières "assemblées provinciales dans le Berry et dans la Haute-Guyenne, il leur proposa de suivre le même système. Mais, pour le faire adopter sans hésitation, il eut soin de leur promettre que jamais il ne réclamerait, à titre d'abonnement, une somme supérieure à celle que les deux provinces avaient coutume de payer. Sous le coup d'une nécessité pressante, Brienne se montra moins généreux : il essaya d'obtenir des arrangements qui procuraient au trésor un notable bénéfice. Encore de nouvelles mangeries! s'écrièrent les paysans * ! C'est ce qu'ils voyaient de plus clair dans la réforme inaugurée par l'édit de juin.
Quelques assemblées provinciales refusèrent de consentir la moindre aggravation de charges. Celle de la Touraine justifia son vote par les considérations suivantes : « Attendu que l'abonnement, qui, considéré en lui-même, est une preuve éclatante de l'amour paternel de notre auguste monarque pour ses sujets, deviendrait onéreux et nuisible par l'extension de l'impôt; que les habitants de trois provinces (composant la généralité de Tours ^) ont jusqu'à présent considéré l'établissement
1. Les Assemblées provinciales, -peir M. de Lavergne, p. 181.