Archives nat., H
leur apporter le bienfait inestimable des assemblées provinciales; et le moment le plus heureux, le plus décisif pour la félicité publique, celui qui devait pénétrer la nation d'amour et de reconnaissance pour son souverain, pour le ministère, semble lui laisser sa défiance et empoisonner sa jouissance. » Tant de bruit à propos d'un mot! car, en définitive, l'assemblée du Dauphiné demande seulement que le règlement du 5 août enjoigne aux commissaires départis de fournir les renseignements nécessaires. En attendant cette mince rectification, elle sonne l'alarme comme si tout était perdu ! De même, à propos de la correspondance directe aVec le pouvoir central, l'assemblée de l'Ile-de-France ne se borne pas à des plaintes, elle y glisse, elle aussi, des soupçons inquiétants ^ . « Cette forme, dit-elle, qui était originairement établie dans les assemblées du Berry et de la Haute-Guyenne, a été changée par M. de Fleury, dont on connaît les dispositions peu favorables à l'établissement patriotique des assemblées provinciales : ce changement a fait avec raison beaucoup de peine à ces assemblées, qui attachaient un très grand prix à correspondre directement avec le conseil. Incertaines de conserver leur existence., elles ont obéi en silence, mais avec douleur, à l'ordre de faire parvenir leurs demandes au conseil par la voie du commissaire départi. » Partout on retrouve la trace des mêmes sentiments. Personne ne veut croire à la sincérité du ministère, et chacun répète à haute voix que la réforme promise par l'édit de juin n'est qu'un leurre, un moyen d'amuser la France, en attendant qu'on ait tiré d'elle les fonds nécessaires à l'équilibre du budget.
Ce qui donnait à ces attaques un caractère de vraisemblance, capable d'émouvoir les populations, c'est