XXXII INTRODUCTION
d'Archives parlementaires^ la collection ou la réimpression de l'ancien Moniteur et le Recueil de MM. Bûchez et Roux. Destiné à n'être qu'une suite^ leur ouvrage ne devait d'abord remonter qu'à 1800, au régime issu de la constitution de l'an VIII. Mais le Corps législatif, sous le patronage duquel ils l'avaient placé, décida qu'il y avait lieu d'en élargir le cadre. Il exigea que les auteurs étendissent leur travail non seulement jusqu'à 1789^ mais jusqu'à 1787, à la première assemblée des Notables.
Pour se conformer à cette décision, MM. Maréchal et Laurent commencèrent, en 1868, la publication des Cahiers de bailliage et de sénéchaussée, qu'ils terminèrent dans le court intervalle de deux ans, en 1870 ^ Grâce à eux, il est devenu relativement facile de se rendre un compte plus ou moins exact de ces fameux Cahiers de 1789, dont tout le monde parlait auparavant sans les connaître même de vue, ou, en tout cas, sans en avoir fait l'objet d'une étude approfondie. De bonne foi, qui donc aurait eu le courage de s'enfermer aux Archives nationales, pour dépouiller et extraire cent soixante-seize volumes manuscrits? Voulez-vous la preuve que personne ne s'est imposé cette torture? c'est que les écrivains qui invoquent les Cahiers en parlent toujours vaguement et se gardent bien d'en jamais citer le texte. Maintenant, il suffît de lire et d'étu-
1. Outre les Cahiers de bailliage et de sénéchaussée, ils ont publié aussi un certain nombre de Cahiers de paroisse ou de communauté , et ils ont fait précéder le tout de l'Introduction rédigée jadis par Thuau- Granville, pour être mise en tète du Moniteur, véritable recueil de documents sur les années antérieures à 1789.
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dier, chez soi, les sept volumes grand in 8° ^ des A7^chives imrlementaires^ pour apprendre à connaître les Cahiers. C'est une conquête précieuse pour la science; on serait môme tenté de dire, que c'est là une véritable découverte, qui manquait à Tinstruction de nos devanciers.
Bien d'autres documents, sinon d'une importance égale, au moins d'un intérêt digne d'attention, attendent encore l'éditeur qui doit les tirer des limbes où ils demeurent enfouis. A elles seules, et sans parler des archives de département, les archives nationales possèdent une multitude infinie de pièces curieuses, si j'en crois ceux qui, comme M. Taine, ont eu le rare pri- \ilège de pénétrer dans leurs arcanes. « Grâce à l'obligeance de M. Maury , dit-il dans sa préface % et aux précieuses indications de M. Boutaric, j'ai pu dépouiller une multitude de documents manuscrits , la correspondance d'un grand nombre d'intendants, directeurs des aides, fermiers-généraux, magistrats, employés et particuliers de toute espèce et de tout degré, pendant les trente dernières années de l'ancien régime, les rapports et mémoires sur les diverses parties de la maison du roi, les procès-verbaux et Cahiers des États généraux en cent-soixante-seize volumes, la correspondance des commandants militaires en 1789 et 1790, les lettres, mémoires et statistiques détaillés, contenus dans les cent cartons du comité ecclésiastique, la cor-
1. Le 7« se compose d'une table, rédigée par M. La Tasto, et qui n'a paru qu'en 1875. Us ont tous été édités chez Paul Dupont.