‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 276 sur 350 · DÉCLARATION DU U' MAI · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DU U' MAI

Dans le premier bulletin de nouvelles qu'elle adresse au roi de Suède *, Mme de Staël parle de cet incident avec une vivacité, qui n'est ici que la reproduction fidèle des sentiments publics : « Il vient de paraître un mémoire de M. Dupaty, président au parlement de Bordeaux, pour plaider la cause de trois hommes innocents, condamnés au supplice de la roue. Mille morts sur un champ de bataille ne révoltent pas comme un supplice injuste. La jurisprudence criminelle en France induit souvent le juge en erreur, et il serait à désirer que le cri public forçât à des changements... Tous les cœurs sensibles vantent avec transport un mémoire, que l'humanité anime... Il a pourtant été dénoncé au parlement. On prépare un réquisitoire^; les juges sont offensés d'être accusés d'avoir condamné injustement. Mais les malheureux, je l'espère, seront sauvés, et c'est tout ce que souhaite Thonnête homme qui s'est exposé pour eux. » En effet, tant de bruit finit par ébranler la cour. Louis XVI fit d'abord cesser les poursuites, dirigées contre l'auteur du mémoire, ensuite il cassa l'arrêt du parlement de Paris, et renvoya l'affaire devant le parlement de Rouen pour y être jugée de nouveau. Là, l'issue n'était pas douteuse. Coupables ou innocents, les trois accusés se présentaient avec l'appui de sympathies universelles : ils étaient acquittés ^'avance. Mme de Staël s'empressa de mander cette nouvelle à Gustave III ^ : « M. Dupaty, qui avait intéressé toute la France à sa cause, vient de la gagner au parlement de Rouen. Les trois malheureux, qu'il avait défendus, ont été déclarés innocents. Il a eu le bonheur et la gloire de sauver trois vies. M. Fréteau, son beau-frère, qui l'avait averti le

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