REMONTRANCES DU 4 MAI
pensée, attester le but de sa conduite, opposer aux violences de la force les revendications de la justice, il ne trouva rien de plus naturel et de plus conforme aux idées de son temps que de publier une véritable Déclaration des droits. En face de la monarchie absolue, il proclama « les principes de la monarchie constitutionnelle; » et les plus sages magistrats, les princes, les ducs et pairs, tous les membres présents à la séance s'empressèrent d'adhérer à cette proclamation solennelle. De même, en juillet 1789, quand l'assemblée nationale se vit à son tour menacée dans son existence, ignorant si jamais elle parviendrait à dresser la constitution qu'elle méditait, alors la pensée lui vint * de publier, à tout événement, une déclaration en quelques articles, dans laquelle aux principes de l'ancien régime elle opposait les principes du régime nouveau. Nous aurons plus tard à examiner les mérites ou les défauts de cette œuvre. Constatons ici, qu'aux yeux des contemporains, elle n'offrait rien d'insolite, puisque l'Assemblée nationale se bornait à suivre l'exemple que lui avait donné la cour des pairs.
Avant de se séparer, l'assemblée du 3 mai avait pris une dernière résolution. Elle avait décidé d'adresser au roi des remontrances « itératives » sur la séance royale du 19 novembre et la réponse du 17 avril. Le texte, inspiré par d'Éprémesnil, fut définitivement adopté dans la séance du 4 ^, Nous avons eu déjà l'occasion d'en citer un passage, afin de montrer au sortir de quelle torpeur,
1. La première proposition d'une Déclaration des droits, faite par Lafayette, est du 11 juillet 4789, après le renvoi de Necker et avant la prise de la Bastille.