Mémoires de Webev, eodem
tulations des provinces ; — Finamovibilité des magistrats..., le droit de chaque citoyen de n'être jamais traduit en aucune matière par-devant d'autres juges que ses juges naturels, et le droit, sans lequel tous les autres sont inutiles, de n'être arrêté par quelque ordre que ce soit, sans être remis sans délai, entre les mains des juges compétents. Proteste ladite cour contre toute atteinte, qui serait portée aux principes ci-dessus exprimés; — déclare unanimement qu'elle ne peut en aucun cas s'en écarter..., et, dans le cas oii la force, en dispersant la cour, la réduirait à l'impuissance de maintenir par elle-même les principes contenus au présent arrêté, ladite cour déclare qu'elle en remet dès à présent le dépôt inviolable entre les mains du roi, de son auguste famille, des pairs du royaume, des États généraux, et de chacun des ordres réunis ou séparés qui forment la nation. » D'Éprémesnil était si sûr de ses collègues qu'il avait inséré d'avance dans son projet de rédaction le mot unanimement. Il ne se trompait pas. Aucune objection ne se produisit. La déclaration fut bien réellement unanime.
C'est qu'en effet, il ne faut pas juger les hommes et les choses de cette époque, d'après les habitudes de prudence que la nôtre a contractées, par suite de longues et terribles épreuves. A propos des réformes de Turgot, Michelet a eu raison de dire : « On a beaucoup parlé de Turgot et fort mal. On ne le comprend pas, si on ne se replace en ce temps, dans ces circonstances. Le temps, le temps, c'est tout. Laissez là vos systèmes. Seraient-ils bons en eux, ils sont absurdes ici ; ce n'est pas d'un pays quelconque qu'il s'agit, c'est de la France d'alors, opposée sous tant de rapports à la France que vous voyez. » Le jour où le parlement de Paris se sentit menacé d'un coup d'État, n'ayant que quelques jours, peut-être quelques heures devant lui, pour exprimer sa