‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 321 sur 350 · MESURES PRISES EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

MESURES PRISES EN BRETAGNE

savoir qu'en Bretagne une scission entre le commandant ou l'intendant, et le parlement ou les états, était une suspension absolue de toutes visites ou relations de société, délibérée très gravement, à la majorité des voix, sur des motffs plus ou moins importants et quelquefois absolument frivoles. » Une fois condamné, le malheureux fonctionnaire se voyait traité comme un lépreux. Quelles que fussent les excuses de sa conduite, personne n'en tenait compte. N'eût-il fait qu'exécuter les ordres de ses supérieurs, il n'en avait pas moins blessé les intérêts ou les prétentions d'une société implacable; c'en était assez pour qu'elle lui infligeât l'humiliation d'une longue quarantaine. Bertrand de Molleville en fut quitte pour abréger autant que possible les séjours qu'il était contraint de faire à Rennes. Lorsque la rumeur publique annonça la prochaine apparition de lois exceptionnelles, il se trouvait comme d'habitude à Paris. C'est là qu'il reçut l'ordre de regagner immédiatement son poste. Avant de partir^ il crut devoir se rendre chez le garde des sceaux, afin de lui expliquer la situation particulière qu'il s'était faite dans son intendance et les scrupules qui l'embarrassaient. « Je lui déclarai, dit-il \ que, s'il s'agissait de quelque opération relative aux parlements, l'intérêt de son succès et ma propre délicatesse exigeaient également qu'on envoyât en Bretagne un autre commissaire que moi, et qu'il m'était impossible de m'en charger, parce qu'on ne manquerait pas de croire que j'avais recherché cette occassion de me venger de la scission. Il me répondit, sans hésiter, que je m'alarmais mal à propos, que, l'ordre de départ m'ayant été adressé par le ministre des .finances, il y avait lieu de croire que l'objet de cet ordre concernait quelque partie d'administration dépendante de ce dé-

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