‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 326 sur 350 · Voyez Archives parl.f t. I, p · texte numérisé non relu

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S44 LA CHUTE DE l'aNCIEN RÉGIME

foi de ce renseignement, personne ne se presse de revenir. Bertrand de Molleville en profite. Il rappelle à son collègue que, dans les lits de justice tenus par le roi, l'enregistrement se fait par première et dernière ligne, sauf à laisser dans l'intervalle l'espace nécessaire pour que le greffier complète après coup la transcription. Non moins pressé d'en finir, le comte de Thiard accepte cette méthode expéditive. La cour proteste en vain; et vers deux heures de l'après-midi la séance est levée. c( Messieurs les commissaires du roi, dit à ce propos la relation publiée par les parlementaires aux frais de la province \ doivent rendre grâces au génie qui leur inspira de sortir au moment du dîner. Trois heures plus tard, plusde trois cents jeunes gens, déterminés à punir l'attentat fait contre les lois et la magistrature, eussent été soutenus d'un autre corps plus nombreux et plus dangereux encore. » On peut juger par ce détail des excès qui faillirent ensanglanter la ville de Rennes et du flegme avec lequel une partie de ses habitants envisageait cette affreuse perspective.

Malheureusement, les commissaires royaux ne surent pas tirer du succès de leur manœuvre tout le parti dont elle était susceptible ^ Lorsqu'ils descendirent les degrés du palais de justice, ils trouvèrent la place qui le précède occupée par le régiment de Rohan; un détachement les attendait pour les reconduire à leur hôtel. En se plaçant sous la protection des baïonnettes, sans perdre une minute, sans laisser à leurs ennemis le temps de se reconnaître, ils pouvaient compter sur une retraite facile. Mais tant de précautions répugnaient à la fierté militaire du comte de Thiard ; il préféra s'en

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