Archives parlem., t. I, p
LA SÉANCE d'enregistrement 551
d'autres réunions, également illicites, dont elle ne tardera pas de regretter l'existence et de comprendre le danger.
A tant de menées, le gouvernement n'opposait que faiblesse et inertie. Molleville, que le Précis breton représente comme un lâche au milieu de l'émeute, avait du moins le courage de vouloir que force restât à l'autorité. Une fois engagé dans la lutte, bien qu'engagé malgré lui, il sentait les nécessités de son rôle; et, fidèle à son devoir, il demandait au commandant militaire d'ordonner la fermeture des clubs, l'arrestation des principaux agitateurs, et la répression immédiate de tout acte de désordre matériel. Il ne s'abstint que le jour où il eut constaté l'inutilité absolue de ses conseils et de ses sollicitations. En effet, le comte de Thiard se refusait obstinément à l'emploi de mesures rigoureuses. Après avoir augmenté l'effectif de la garnison, il se contentait toujours d'un vain déploiement de forces, qui n'effrayait personne, depuis qu'il avait annoncé hautement la résolution de ne pas s'en servir. On a cherché à excuser sa conduite, et notamment l'auteur des Mémoires de Weber en a fourni une explication qu'il importe de reproduire ici \ « De nouvelles troupes, dit-il, furent encore envoyées en Bretagne. Mais déjà plusieurs des officiers qui les commandaient agitaient entre eux jusqu'où devait s'étendre l'obéissance militaire dans les discordes civiles. C'est, sans doute, à la connaissance qu'avait le comte de Thiard de cette disposition des esprits, qu'il faut attribuer son hésitation et son excessive retenue dans l'emploi de la force armée. Car c'était une circonstance bizarre qu'entre le commandant militaire et l'intendant civil de la province le magistrat fût toujours pour les partis violents et le général pour