‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 50 sur 350 · L'arrêt du parlement d'Aix fut rendu le 5 juillet · texte numérisé non relu

L'arrêt du parlement d'Aix fut rendu le 5 juillet

résistances de mauvais aloi, le procureur delà marquise ne se croirait pas obligé de l'avertir que la défense de ses prétentions exigeait « le plus grand soin et des avances considérables ». Il est permis d'en conclure que les droits en litige étaient « au moins douteux » , comme dit le comte Beugnot, et que tant de procédures volumineuses, tant « d'écrits immenses* » n'auraient jamais vu le jour, si la marquise de Mirabeau, naturellement processive, n'eût cédé à la tentation contagieuse de renouveler ses terriers.

Ce qui se passe en Nivernais et en Limousin se reproduit partout. « Les plus terribles fléaux des habitants de la campagne, dit le cahier du tiers état du bailliage de Chatellerault^ ^ sont, surtout depuis plusieurs années, les terriers que font faire les seigneurs, et les solidités ^. On concevra combien les terriers doivent épuiser les campagnes, si l'on se représente que l'état de feudiste est devenu une profession tout à la fois ^lucrative et très commune. » Veut-on des détails plus précis? « Depuis quelques années, dit le cahier du tiers état de Bar-sur- Semé S la faculté, qu'ont les seigneurs de renouveler leurs terriers, est devenue pour eux une branche de commerce, et, pour les officiers qu'ils emploient à cette opération, un moyen prompt de s'enrichir aux dépens des censitaires. Ces officiers, connus sous le nom de commissaires à terriers, n'hésitent point à acheter d'un seigneur la permission de renoulever son terrier \ Les

1. Ce sont les expressions mêmes dont se sert le procureur de la marquise de Mirabeau : eodem, p. 39.

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