‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 53 sur 350 · Œuvres de Barnave, t. I, p · texte numérisé non relu

Œuvres de Barnave, t. I, p

tout pour irriter la jalousie d'une classe et pour exalter les prétentions de l'autre; on accoutuma le tiers état à voir une puissance ennemie dans le trône, que lui seul pouvait soutenir ou renverser ; on rendit â l'aristocratie cette ivresse, qui, lorsqu'ensuite on a voulu la frapper, Fa conduite à provoquer une révolution dont elle est devenue la victime. »

Il serait oiseux d'entrer dans d'aussi longs développements sur le désordre, qui s'étale à côté de la réaction triomphante et forme, avec elle, un des traits distinctifs de l'époque, un des signes du temps. Ici, l'ensemble des faits est connu, avéré. Quant aux détails^ laissons les écrivains spéciaux, comme Bailly \ vérifier article par article, les budgets et les comptes de la royauté. Nous n'avons rien de mieux à faire que de nous en rapporter à leur jugement, et, d'après eux, le désordre est certain. Tout au plus nous reste-t-il à chercher quelle est la cause du mal, à qui l'on doit imputer la faute.

Malouet, après avoir parlé du premier ministère de Necker, ajoute ^ : « C'est de sa disgrâce, en 1781, quoi qu'on en puisse dire, et de l'impéritie de ses successeurs, que datent les désordres qui nous ont conduits aux États généraux. » N'est-ce pas là trop de sévérité vis-à-vis des contrôleurs généraux sur lesquels tomba le fardeau des finances royales, de 1781 à 1786? Avec plus d'habileté, peut-être n'auraient-ils pas mieux réussi. Ils avaient tant d'obstacles à vaincre ! Ils étaient

1. Histoire financière de la France, par Bailly, inspecteur général des finances, Paris, Moutardier, 1830, 2 vol. in-8».

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