Eodem, p
3. Injustice cl absurdité, c'est aussi le mol de Mme Gampaa à propos de l'édit de 1781. Voyez ci-dessus.
les couches du tiers état. Ne croyez pas qu'elle se soit contentée d'humilier la bourgeoisie, ce qui paraîtrait à plusieurs de nos contemporains une peccadille excusable. Lorsqu'elle a trouvé l'occasion de blesser les sentiments populaires, elle s'est fait un jeu de la saisir. Elle a continué ses bravades jusqu'aux premiers grondements de la Révolution. La conduite qu'elle affecte vis-à-vis des paysans, est attestée par les humbles Cahiers des paroisses. Parcourez entre autres ceux de la sénéchaussée d'Aix, publiés dans les Archives parlementaires^ à la suite de la collection des Cahiers de bailliages *. Leur lecture suffira pour vous édifier.
En Provence, la réaction féodale commença dès 1779. Cette année, le seigneur du village du Pennes exigea que ses vassaux vinssent lui rendre hommage dans des formes jusqu'alors inusitées ^ « On voit d'un côté le curé, de l'autre plus de trois cents possédant biens, ayant à leur tête les consuls qui représentent la personne du roi, abandonner leurs travaux pour prêter hommagelige, à genoux, tête-nue, les mains jointes, avec serment de fidélité sur les saints Évangiles... nous ne pouvons exprimer l'impression que fit sur notre esprit une pareille cérémonie. » Mêmes plaintes, et mêmes protestations dans le Cahier de la communauté de la Tour-d'Aygues ^ : « Ses députés demanderont que l'hommage prêté au seigneur soit réduit à sa véritable valeur, c'est-à-dire que n'étant que relatif aux biens, il ne soit plus le signe d'une servitude personnelle et qu'on ne l'exige plus à genoux. Cette cérémonie, humiliante pour des hommes, enfle trop l'orgueil de ceux qui la reçoivent. » A Puyloubier % le seigneur « exige annuellement la nomination d'un ca-