Eodem, p
pitaine et d'un enseigne, » qui n'ont d'autre utilité que de venir, à certaines époques, lui témoigner la déférence et lui rendre les honneurs auxquels il prétend avoir droit. « Ces jours sont toujours adhérents au bruit et au tumulte. Le capitaine et renseigne y sont habillés risiblement, et s'ils ne remplissent pas les cérémonies usitées, le seigneur les fait remplir à leurs dépens.... Peut-il y avoir prétention plus chimérique et plus affligeante? Les seigneurs auraient-ils dû attendre que leurs vassaux fussent dans le cas d'en décrire leur réclamation ? »
Des imprudences encore plus graves provoquèrent des plaintes encore plus vives et plus grandes. Les paysans provençaux étaient fort attachés au régime municipal, dont, presque seuls en France, ils avaient conservé le privilège. Ils respectaient, dans les consuls de leur choix, les représentants d'un pouvoir paternel et tutélaire, dont chaque jour ils éprouvaient les bienfaits. A leurs yeux, ces utiles magistrats représentaient aussi, nous venons de le voir, « la personne du roi, » objet d'une affection constante. Qu'imaginèrent les seigneurs? Ils imposèrent aux consuls revêtus de leurs insignes, des visites, des démarches humiliantes. Gomme le disent les habitants de Fos-les-Martigues, ils se plurent à avilir « les marques honorables et distinctives des pères du peuple*. » Bientôt ils s'arrogèrent le droit d'indiquer la couleur du chaperon que portaient les consuls, et sait-on quelle couleur ils imposaient? Celle de leur propre livrée. « Des consuls, magistrats, représentants de Tautorité publique, distingués par la même couleur que celle des laquais du seigneur! n'est-ce pas le comble de l'ignominie *?» Et, ne craignons pas de l'ajouter, le comble de la démence. A la veille de la Révolution, quelques seigneurs provençaux essayèrent de donner à leurs préten-