XIV INTRODUCTION
sortir du moyen âge, et ces mêmes institutions quatre ou cinq cents ans plus tard, à la veille de 1789? La seule question qu'il importe de résoudre, est celle de savoir en quoi consistaient au juste celles que la Révolution a détruites, celles qui régissaient notre pays, soit au moment où elle éclata, soit durant la période immédiatement précédente ; en un mot, quel était le régime qui a provoqué la catastrophe finale. Ajoutez que les promoteurs de cette révolution n'étaient pas des ignorants. Gomme nous et avant nous, ils avaient appris par l'histoire, que la France avait possédé jadis des institutions meilleures, plus libérales. Ils en avaient dressé le catalogue. Ils se plaisaient même à en exagérer le nombre et l'importance. Car, c'était pour eux un nouveau motif de plaintes, un nouveau sujet de revendications. Ils invoquaient, sous une forme ou sous une autre, la vérité des faits que Mme de Staël a résumés plus tard en disant : « Il importe de répéter à tous les partisans des droits qui reposent sur le passé, que c'est la liberté qui est ancienne et le despotisme qui est moderne \ » Si cela est vrai, si l'ancien régime proprement dit n'a pas été seulement la continuation d'anciens abus, s'il a eu le tort encore plus grave de détruire les quelques institutions louables qui fleurissaient avant lui, il n'en est que plus coupable aux yeux de la raison et de la justice; il n'en a que mieux mérité son sort.
Amiens, dites-vous, jouissait au xv' siècle de liber-