INTRODUCTION XV
tés municipales très dignes d'envie. On peut juger de ce qu'elles étaient devenues, en lisant le Cahier des plaintes et doléances, rédigé en 1789 par le tiers état du bailliage ^ Il demande : « que le régime de toutes les municipalités, tant des villes que des campagnes, soit analogue à celui des états provinciaux, et tellement ordonné que nulle place municipale ne soit perpétuelle, sauf celle de «secrétaire qui sera permanente jusqu'à révQTax 1'^ , que dans l'un et l'autre, les représentants ..oiii librement élus pour un temps limité. » Mais il paraît que ce vœu général du bailliage ne suffisait pas pour rassurer la ville d'Amiens contre le retour des abus dont elle venait de souffrir. Elle eut soin d'y faire ajouter un paragraphe intitulé : Pétitions particulières de la ville d'Amiens ^ , paragraphe qui commençait par ces mots : « Les députés requerront : 1° que les membres, qui composent le corps municipal actuel de la ville d'Amiens, ne puissent avoir de voix délibérative, ni collectivement, ni particulièrement, pour la nomination des maires et échevins, qui doivent les remplacer ; 2° que les octrois municipaux et provinciaux seront supprimés, comme établis sans le concours de la commune, ainsi que l'abolition de toutes les charges créées par les villes ; 3° que les officiers municipaux ne pourront faire aucune construction, aliénation de leurs propriétés et privilèges, qu'après y avoir été autorisés par la commune assemblée. »
1. Archives parlementaires, les Cahiers de 1789, t. I, p. 744 et suivantes.