‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 82 sur 350 · Passage cité par Bailly, eodem, p · texte numérisé non relu

Passage cité par Bailly, eodem, p

à coup, vint ajouter aux embarras d'une situation déjàtendue une complication alarmante.

On ne sait pas exactement, on ne saura jamais combien de sacrifices cette longue guerre exigea de la France. Tout au plus connaît-on le chiffre des emprunts ostensibles, contractés pour y subvenir, soit pendant la durée de la lutte, soit peu de temps après la conclusion de la paix. Il atteignit 1338 millions \ A quoi il convient de joindre les extensions illégales données secrètement à des emprunts déjà clos. C'est environ un milliard et demi, dont quelque partie pourrait bien avoir été détournée de sa destination régulière, mais dont la totalité vint accroître les charges du trésor. L'aggravation fut d'autant plus sensible que l'intérêt des capitaux obtenus par ces voies diverses dut être porté à un taux plus fort. Il 3^ eut notamment des emprunts en rentes viagères, à 10 pour 100 sur une tête, à 9 pour 100 sur deux têtes, à 8 et demi sur trois, à 8 sur quatre, sauf toutefois un dixième de retenue '.

Dans les Etats les plus prospères et les mieux administrés, personne n'admet qu'il soit possible de faire face à un tel surcroît de dettes extraordinaires avec les seules ressources du budget courant, lors même qu'avant la guerre, la balance annuelle présenterait un excédant d'actif. On commence par se procurer des fonds à l'aide d'emprunts quelconques. On crée immédiatement dv nouveaux impôts pour couvrir les intérêts des sommes récemment empruntées, et, si l'on est sage, on calcule le produit de ces impôts de manière à permettre Tamortissement progressif du capital. Gomment Necker, qui venait de reconnaître Texistence d'un déficit permanent d'une trentaine de millions, a-t-il pu concevoir le projet d'échapper à la loi commune et de soutenir la guerre

1. Voyez Bailly, Hist. fin. de la France, t. II, p. 2H:i-2t>4.

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