Requête au roi, p
sans soumettre au parlement ni projet d'emprunts ni projet d'impôts, sans provoquer la moindre résistance. Il se réservait d'affronter l'opinion publique, quand il aborderait la seconde partie de sa tâche, la suppression du déficit annuel, et alors, il se flattait d'annoncer qu'il avait déjà mené la première à bonne fin en apurant l'arriéré. Une telle prétention a de quoi surprendre. Cependant, arrivé devant les Notables, Galonné a soutenu qu'un plein succès avait couronné ses efforts. « Les dettes de la guerre, dit-il, dans son discours d'ouverture \ sont acquittées; tout l'arriéré est soldé; toutes les dépenses sont au courant. » Un peu plus loin, et d'une manière générale, sans distinguer la nature des obligations, il répète : « tout est soldé! » Dans sa Requête au roi^, il insiste sur ce point, il entre dans d'autres détails; il affirme qu'outre les dettes anciennes, il a « couvert le déficit des années 1785 et 1786 » ; il a « fourni à toutes les dépenses imprévues et forcées que les événements politiques et différentes calamités ont occasionnées. » Seulement, il ne parle pas, et pour cause, des anticipations assignées sur les . exercices futurs. Sauf cette lacune regrettable, il annonce une libération complète et définitive. Gomment y est-il parvenu? A l'aide de quelle combinaison a-t-il pu réaliser un tour de force, presque invraisemblable?
Deux états, qui paraissent avoir été soumis aux Notables et qui concordent avec tous les documents connus % établissent que les dettes exigibles et les dépenses courantes à payer en 1786 excédaient de 182 188 000 li-