Requête au roi, eodem
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l'incident necker 157
Au reste, les contemporains les mieux informés ne se sont pas mépris sur la véritable origine de la conduite adoptée vis-à-vis de Necker. Ils en font remonter la responsabilité jusqu'à Louis XVI et à son entourage intime. L'un d'eux, le baron de Monthyon, attaché à la cour comme chancelier du comte d'Artois et confident de ce prince, nous fait même connaître, avec la décision royale, les motifs qui l'ont inspirée. « Rien, dit-il *, de si ridicule que ce projet de plaidoirie ministérielle, rien de plus scandaleux qu'une discussion pour savoir si le roi avait avoué ou autorisé une fausseté en 1781 ou en 1787. Le roi, pour faire cesser cette ridicule discussion, ne voulut pas qu'elle fût portée plus loin et défendit de rien imprimer à ce sujet. » Une dernière preuve : malgré la défense qu'il venait d'encourir, Necker a pei'sisté à se justifier. Il a publié une mémoire qui n'a paru que le lendemain du jour où Galonné a été remplacé. Sa désobéissance n'en a pas moins été punie par un ordre d'exil. Il avait cru ne braver que le contrôleur général, tombé en disgrâce, tandis qu'il avait méconnu la volonté du roi, volonté formelle et toujours persistante.
C'est ainsi que Galonné se vit enlever la seule ressource sur laquelle il comptât pour couper court aux réclamations de Necker et aux intrigues de ses fanatiques. « Le nombre en était grand ', même dans l'assemblée des Notables)\t de plus ils étaient animés par plusieurs femmes. Leurs clameurs ne purent être comparées qu'à celles du clergé... Ce fut, dans tout Versailles, une fermentation générale... La maison de Mme de Beauvau était le principal foyer de la révolte, si ce n'est contre le roi, au moins contre son contrôleur général. On pouvait considérer Mme de Beauvau comme
i. Parikulariiés sur les ministres des financeSy p. 288. 2. Mémoires de Besenval, t. III, p. i92, i93.
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le chef du parti de M. Necker et le point de ralliement du clergé, qui abondait toujours chez elle. » A ces clameurs de salon, à ces ligues de Tamour-propre et de rintérêt blessés, que pouvait maintenant opposer Galonné? Suivant Michelet, « il rappela de Berlin son dogue de combat pour lui faire mordre Necker *. » Mais alors Mirabeau, blessé lui-même, n'était pas d'humeur à se laisser dicter ce qu'il devait dire ou ce qu'il devait taire. Eût-il été plus docile, que Galonné n'était pas libre de lui communiquer les pièces officielles établissant l'inexactitude du Compte rendu. Quel scandale, si la malignité publique eût reconnu la main du ministre dans un écrit dirigé contre Necker, à qui l'on venait d'imposer silence! Livré à ses seules inspirations, réduit à ses propres forces, Mirabeau se contenta de publier tardivement, le 19 mars *, une lettre relative au système général d'administration que Necker avait suivi jadis, et notamment à son ancienne prétention de soutenir la guerre d'Amérique sans créer aucun impôt. Ge n'était pas là ce qu'attendaient les Notables, ni ce qu'il fallait éclaircir à leurs yeux, avant de leur demander des sacrifices ou des réformes. Tant qu'ils conserveraient un doute sur l'origine lointaine du déficit, Galonné, considéré par eux comme indigne de créance, suspect dans le passé, suspect dans l'avenir, demeurait impuissant à diriger leurs travaux. « De là s'accrut la fermentation qui commençait ' et qu'il aurait été pru-
\. Michelet, Louis XV et Louis XI7, p. 377.
2. Lettres du comte de Mirabeau sur t'administrât ion de Af. Necker (19 mars et 1" mai 1787), Biblioth. nation., Lb^s, n» 366. Dans sa correspondance avec le major de Mauvillon, Mirabeau explique comment et pourquoi ces lettres furent écrites par lui en réponse à Lacrelelle. 11 ne songeait guère à tirer Galonné d'embarras.
3. Histoire du gouvernement français, depuis rassemblée des Notables, tenue te $^ février /7*7, jusqu'à la fin de décembre de la même année, Londres, 1788, in-8. Ce livre écrit sous le coup des événements, est l'œuvre d'un homme obscur, rabbé Papon, qui a eu le rare mérite
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