Mémoires de Besenval, t. HI, p
Quel qu'en 8oit l'auteur, le discours du roi parait exempt de reproches. II est conciliant sans faiblesse. « J'ai déjà examiné, dit Louis XVI aux Notables, une partie des observations que vous avez faites, et je donnerai à toutes la plus sérieuse attention. » Gomme exemple de sa bonne volonté, il annonce la préparation d'une loi sur les assemblées provinciales, dans laquelle il s'empressera de déférer aux désirs de l'Assemblée. Puis il aborde la question brûlante, celle qui regarde le clergé et le remboursement de ses dettes. Là, il s'empare habilement de quelques déclarations plus généreuses en apparence qu'en réalité, et, sans abandonner le fond des projets de Galonné, il laisse entrevoir quelques concessions possibles sur le moyen de les réaliser. « Je suis content, dit-il, de l'empressement avec lequel les archevêques et évoques ont déclaré ne prétendre aucune exemption pour leur contribution aux charges publiques, et j'écouterai les représentations de l'assemblée du Glergé sur ce qui peut intéresser les formes et sur les moyens qu'elle me proposera pour le remboursement de ses dettes. » Quant au déficit, personne ne saurait en contester l'existence. « Vous en verrez la malheureuse réalité par les étatsquej'ai ordonné qui fussent remisaux présidents des bureaux. » Ainsi constaté par des preuves irréfragables, le désordre des finances appelle un prompt remède. « Je suis fermement résolu, dit le roi, à prendre les mesures les plus efficaces pour faire disparaître le déficit annuel et pour empêcher qu'il ne se reproduise dans aucun autre cas. » Il est vrai que différents projets, tendant à en réduire le chiffre, ont été déjà soumis à l'examen de l'Assemblée. Deux autres vont passer sous ses yeux. Mais, continue Louis XVI, « tous ces moyens réunis n'étant pas suffisants, le dernier moyen et celui qui me coûte le plus à prendre est celui d'une augmentation d'imposition sur les terres; la seule manière de le rendre moins