LE DUUMVIRAT
la reine, et à Thumble compagnon de sa vie intérieure, l'abbé de Vermond. On dirait qu'à eux seuls, ils ont fait surgir et prévaloir la candidature d'un homme notoirement incapable et indigne. Eh bien! non. En payant à son premier protecteur une juste dette de reconnaissance, l'abbé de Vermond était autorisé à croire qu'il rendait à l'État un véritable service. La reine, en cédant aux instances de son lecteur, conseillée par le comte de Mercy, poussée par le baron de Breteuil et par d'autres, a dû partager la même conviction. En tous cas, ils n'ont pas eu le tort d'imaginer une candidature à leur guise : ils n'ont fait qu'appuyer une candidature recommandée par des titres sérieux et l'adhésion générale. Que de surprises on éprouve, quand on a l'occasion trop rare de comparer les jugements d'origine avec les jugements A' après coup! Lafayette lui-même, à la fin de 1788, aurait -été stupéfait en relisant ceux qu'il portait sur Brienne au commencement du mois de mars 1787. Le 3, il écrivait à John Jay * : « L'archevêque de Toulouse est le plus capable (1), et un des hommes les plus honnêtes, qui pouvaient être mis à la tête de l'administration. Il aura la haute influence en tout, et nous pouvons compter sur lui, comme sur un homme également éclairé et libéral. » Deux jours après, le 5, il répète dans une lettre à Washington " : < L'archevêque de Toulouse est maintenant à la tète des aflaires... C'est un homme éclairé qui possède des talents brillants... Nous pouvons regarder l'archevêque comme un premier ministre. * Parce que l'erreur, que les jurisconsultes appellent Verreur commune^ y reste une erreur aux yeux de l'Histoire,