SÉANCE DE CLOTURE
raie, » et la composition des assemblées, leurs délibérations, leurs votes seront désormais réglés conformément aux principes nouveaux, c Puisqu'un seul et même intérêt doit animer les trois ordres, on pourrait croire que chacun devrait avoir un nombre égal de représentants. Les deux premiers ont préféré d'être confondus et réunis; et, par là, le tiers état, assuré de réunir à lui seul autant de voix que le clergé et la noblesse ensemble, ne craindra jamais qu'aucun intérêt particulier n'en égare les suffrages . Il est juste d'ailleurs que cette portion des sujets de Sa Majesté, si nombreuse, si intéressante et si digne de sa protection, reçoive au moins, par le nombre des voix, une compensation de l'influence que donnent nécessairement la richesse, les dignités et la naissance. En suivant les mêmes vues, le roi ordonnera que les suffrages ne soient pas recueillis par ordre, mais par tête. La pluralité des opinions des ordres ne représente pas toujours cette pluralité réelle, qui seule exprime véritablement le vœu d'une Assemblée, j» Ici encore les paroles de Brienne se présentent sous une forme absolue. Elles s'appliquent à toutes les assemblées représentatives, sans distinction ni réserve. Viennent maintenant ces assemblées nationales, dont il ne craint pas d'évoquer le souvenir, il faudra, par une conséquence nécessaire de son système, réformer leur constitution vicieuse, et leur donner, à la fois, la double représentation, la délibération commune et le vote par tête. C'est la formule de la révolution prochaine, tracée d'avance et proclamée par un ministre et en présence de Louis XVI.
Je ne suis pas surpris que le discours de Brienne ait inspiré à Bésenval, qui venait de l'entendre, les réflexions suivantes : t II pouvait se dispenser d'engager autant le roi et ne pas parler aussi positivement sur une inflnité d'objets. La suite fera voir si l'instant l'a em-
Digiti
porté, ou si, en effet, il est imbu de la manie actuelle d'assimiler le gouvernement français à celui d'Angleterre. » Mais ce n'est pas seulement Brienne que l'instant a emporté. En autorisant ses paroles, le roi, la reine ont subi le même entraînement. Pour se venger des ordres privilégiés, ils ont laissé entendre à la France attentive des théories qui engagent, des promesses qui ne se rétractent plus. Dans un an, quand il s'agira de convoquer les États généraux, croit-on que le tiers état néglige de réclamer ce qu'on lui a solennellement promis? « Il y a », dit, avec raison, un témoin de ces faits inoubliables, a une légèreté ou une injustice voisine de l'improbité, à omettre ces antécédents, quand on prétend examiner qui a été responsable de la double représentation du tiers état et du vote par tête *. »
Le même témoin nous rappelle encore comment la magistrature releva l'espèce de défi que Brienne venait de lancer aux privilégiés. Vers la fin de la séance, « pendant que toutes les harangues adressées au roi ne l'entretenaient que de la reconnaissance, de r amour sans bornes, du dévouement de tous les Français pour sa personne sacrée..., le premier président du parlement de Paris, se levant avec tous les membres des autres cours qui étaient présents, prononça ces paroles sinistres, qui étaient, pour ainsi dire, toutes grosses de tempêtes : Les Notables ont vu avec effroi la profondeur du mal Une
administration prudente et mesurée doit aujourd'hui rassurer LA NATION contre les suites fâcheuses dont votre parlement avait prévu plus d'une fois les conséquences. Les différents plans proposés à Votre Majesté méritent la délibération la plus réfléchie... Il serait indiscret à nous, DANS CE MOMENT, d'oscr indiquer les objets qui pourraient de préférence mériter votre choix... Le