‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 175 sur 351 · Mémoires de Weber p · texte numérisé non relu

Mémoires de Weber p

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Palais. Ce n'est pourtant que le lendemain, à la suite d'un nouveau conseil , que fut arrêtée la résolution d'exiler le parlement \ Encore fallut-il qu'une circonstance particulière ne permît pas un plus long délai. Chaque année, le jour de l'Assomption, les cours souveraines se rendaient en corps à Notre-Dame, où elles assistaient aux cérémonies instituées en exécution du vœu de Louis XIII *. Au milieu de l'agitation publique, le long défdé des magistrats devait nécessairement provoquer les bruyantes manifestations de la foule. On parlait déjà d'arcs de triomphe et de couronnes qui les attendaient sur leur passage. C'eût été folie que de laisser carrière à de pareils désordres. Aussi les lettres de cachet furent-elles expédiées dans la nuit du 14 au 15. Elles laissaient àchacun des destinataires vingt-quatre heures pour quitter Paris et quatre jours pour gagner Troyes. Mais, sous le coup d'un ordre devant lequel les plus puissants personnages avaient coutume de s'incliner, le parlement n'osa paraître dans les rues et prit silencieusement le chemin de l'exil.

Examinée de sang- froid, cette mesure offrait le grave inconvénient de ne résoudre aucune difficulté. Qu'au lieu de siéger à Paris, le parlement fût installé à Troyes ou ailleurs, le gouvernement royal n'en restait pas moins exposé aux mêmes résistances et plongé dans les mêmes embarras. Car l'exil n'était ici qu'un simple déplacement ou, comme on disait alors, une simple translation. Quelques amis de l'autorité n'y voyaient même qu'une faiblesse déguisée , plus propre à éterniser le conflit qu'à le trancher. Autre inconvénient : cette faiblesse affectait les allures de la violence. Empruntée au vieil arsenal de l'absolutisme, elle réveillait, dans l'esprit des hommes imbus d'idées modernes, la juste réprobation

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