‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 178 sur 351 · INTERVENTION DES AUTRES COURS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

INTERVENTION DES AUTRES COURS DE JUSTICE

et de scandale, les oisifs, les curieux, s'entassaient dans les salles vides et se livraient à tous les excès d'une foule abandonnée à elle-même. La police, qui n'avait pris aucune précaution pour empêcher ces rassemblements, n'essaya pas de les disperser. Il était facile de prévoir que la venue des princes allait donner matière à un surcroît de désordres.

Monsieur s'était rendu populaire parle rôle qu'il avait joué à l'assemblée des Notables. Il passait pour n'approuver « ïii les principes ni la conduite de l'administration *, » et, comme s'il eût voulu justifier les suppositions publiques, il « vint à la chambre des comptes avec une contenance triste et une physionomie accommodée aux circonstances * ». La foule, répandue sur son passage, lui sut gré « de cette déférence et lui prodigua ses applaudissements ». Il ne trouva non plus que des témoignages de sympathie respectueuse, au sein de la Cour des comptes. Mais le succès personnel, qu'il obtint, n'atténua guère les dispositions hostiles des magistrats. Ils avaient protesté avant son arrivée contre ce qui allait se passer, ils renouvelèrent leurs protestations % après son départ, et le premier président, M. de Nioolai, organe de leurs pensées, lui adressa un discours, que n'eussent pas désavoué les pires déclamateurs du parlement *. « J'obéis, Monsieur, à Tordre exprès du roi, mon seigneur et maître; les cours soumises respectent l'autorité : elles demanderaient à la bénir... Mais, après cinq années de paix, après avoir épuisé la confiance et le crédit, après avoir étendu les emprunts, augmenté les impôts, com-

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