INTERVENTION DBS AUTRES COURS DE JUSTICE
assiégé par une armée de procureurs, d'écrivains, par toute la cléricature indisciplinée, appartenant aux différentes juridictions de la capitale *. » Et le soir, quand les groupes les plus rapprochés de la salle apprirent que la séance allait finir, ils forcèrent les portes de la salle, avant que la cour fût retirée, et réclamèrent impérieusement la lecture publique de l'arrêté qui venait d'être rendu. Ce que le président d'Aligre avait consenti, le président Barentin fut obligé de le subir. Ce que le peuple av^it commencé par demander comme une faveur, il finissait par l'imposer comme une loi.
La première idée du gouvernement fut d'appliquer à la Cour des comptes et à la Cour des aides la même peine qu'au parlement de Paris. Des lettres de cachet furent signées, exilant l'une à Amiens et l'autre à Beauvais *. Ici encore éclatèrent les dissentiments qui régnaient au sein du conseil. Malesherbes avait été longtemps président de la Cour des aides. D intervint une seconde fois et obtint le^ rapport de la décision prise. Brienne dut se contenter de faire prononcer, par un arrêt du conseil, la cassation des deux nouveaux arrêtés. En face de cette audace d'une part, et de cette faiblesse de l'autre, le Châtelet de Paris tint à honneur de dire son mot sur un débat qui ne lui était pas soumis. Le 21 août % il prit l'initiative d'une résolution, par laquelle il décidait l'envoi d'une députation au garde des sceaux, « à l'effet de représenter à Sa Majesté la conster-nation universelle et spécialement la douleur profonde que la compagnie ressentait de l'éloignement du parlement, et de supplier Sa Majesté de le rendre au vœu de la compagnie et à ceux de la capitale. » Chaque jour, la magistrature parisienne trouvait un prétexte de