‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 197 sur 351 · Bibl. nat., Lb»», n · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Lb»», n

Digiti

UMTRÉE DU PARLBMEMT 319

main 21 , le président d'Aligre apportait à Versailles les hommages respectueux du parlement. Son attitude comme ses paroles avaient bien changé depuis la fameuse séance du lit de justice K 11 compara les vertus et la sagesse de Louis XVI à celle de Charles V. De son côté, le roi, oubliant l'audacieux défi du 6 août, répondit en ces termes : <c Je suis satisfait des marques de fidélité et d'obéissance que mon parlement vient de .me donner (!); je compte qu'il s'empressera toujours de concourir à mes vues pour le bonheur de mes peuples et de mériter ma confiance. » Ainsi furent échangées entre les deux puissances contractantes les ratifications définitives du traité. Toutefois le parlement ne quitta Troyes que le 24 septembre, jour où les autorités de la ville vinrent saluer son départ, comme elles avaient salué, son arrivée, et l'écraser sous une dernière avalanche de discours *. Son exil avait duré deux mois, à quelques jours près.

Malgré les défaillances de sa conduite, il fut reçu à Paris au milieu des démonstrations bruyantes de la joie populaire. Paris est toujours indulgent vis-à-vis de l'opposition. Chaque soir, des attroupements nombreux se formaient autour du Palais. Ils tiraient des pièces d'artifice en signe de réjouissance et forçaient les habitants du quartier à illuminer leurs maisons. Le 1" octobre, la foule se livra à des désordres d'un autre genre. Après les témoignages de joie vinrent les témoignages de haine. Un mannequin, représentant Calonne, fut jugé et brûlé dur la place Dauphine. Le lendemain, on répandit le procès-verbal imprimé du jugement et de l'accusation. Il portait que Calonne était condamné « pour avoir fait perdre au roi Tamour et la confiance des peuples ^ ».

Page 1