‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 206 sur 351 · LE PLAN DE BRIENNE · texte numérisé non relu

LE PLAN DE BRIENNE

vrai que Lamoignon, cédant à Timpulsion irréfléchie d'un premier mouvement, se fût lié vis-à-vis de d'Éprémesnil? Avait il eu le tort d'annoncer que Tédit à intervenir € serait porté au parlement par le roi lui-même, non plus avec l'appareil de la toute-puissance et la foudre à la main, mais dans une séance privée, semblable à celles où Henri IV venait chercher des conseils avec tout l'abandon de la confiance et de la loyauté *. » Ce qu'il y a de certain, c'est que cette manière de procéder ne convenait plus aux dernières résolutions adoptées par le roi et par le ministère. Puisque Louis XVI, en promettant les États généraux, tenait à expliquer la portée de sa promesse et à maintenir hautement l'étendue de son pouvoir, il devait parler en souverain, dans une assemblée publique d'où ses paroles seraient entendues de toute la France. Lamoignon fut donc conduit à préparer la tenue d'une séance royale, conformément aux habitudes usitées en pareil cas. Le parlement lui-même ne lui en aurait fait aucun reproche sérieux, s'il n'avait commis, nous le verrons bientôt, la faute grave, la faute irréparable, de régler certains détails de manière à provoquer inutilement la colère de ceux dont il devait à tout prix ménager la bienveillance.

Ce n'est pourtant pas que le ministère péchât par un excès de sécurité. Brienne ne négligeait aucune intrigue pour augmenter la majorité parlementaire, sur laquelle il comptait déjà. On raconte que, dans le but d'acquérir de nouveaux adhérents, il sacrifia la somme de douze cent mille livres. D'un autre côté, les précautions les plus étranges furent prises, afin d'éloigner ceux des magistrats dont les dispositions paraissaient hostiles ou suspectes. Les vacances étaient à peine finies. L'audience de rentrée n'avait eu lieu que le

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