Sellier, Annales françaises^ p
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aux magistrats; qu'enfin le parlement ne s'était pas réservé de reprendre sa délibération à jour fixe; qu'il avait eu soin de la remettre au premier jow\ ce qui, dans le style d'usage, « équivalait à un abandon presque absolu. » Il n'en est pas moins vrai que la décision prise, venant après la protestation du duc d'Orléans, constituait un acte d'hostilité qui provoquait les justes sévérités du pouvoir. Cette fois même, le parlement n'avait pas la ressource de prétendre, comme d'habitude, que son opposition n'atteignait que les ministres. Il avait entendu le roi en personne déclarer que la méthode suivie était légale, par cela seul qu'elle était conforme à sa volonté souveraine, et, malgré cette déclaration positive, cette volonté manifestée hautement, le parlement déclarait à son tour que la méthode suivie était entachée d'illégalité. Cette circonstance particulière donnait au conflit un caractère de gravité exceptionnel; et personne ne fut surpris d'apprendre le lendemain qu'une grande députation du parlement était mandée à Versailles, avec ordre d'apporter les registres de la compagnie. C'est là qu'avait abouti, par la faute du roi, du gouvernement tout entier, mais plus encore par celle de Lamoignon que de tout autre, une politique pleine de contradiction et d'incohérence, mélange bizarre de faiblesse incurable et de raideur inutile.
Les ministres ne résistèrent pas à la tentation de se donner un dernier tort. Ils avaient appris le conciliabule tenu chez le duc d'Orléans dans la soirée du 18. Peut-être aussi pensaient-ils que les assistants avaient eu connaissance des résolutions prises, quelques heures auparavant, par le conseil tenu à Versailles, ce qui n'est pas improbable. Qui donc avait livré ce secret
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