REPRISE D^HOSTILITÉS
ces du premier emprunt qu'allait émettre Brienne. Toutefois les passions étaient trop vives pour se résigner à une abstention complète. Le parlement voulut au moins se donner la satisfaction d'adresser au- roi ce qu'il appelait humblement des supplications au sujet de l'exil du duc d'Orléans et de l'emprisonnement des deux conseillers, Fréteau et Sabathier *. Malgré la modestie de ce titre, l'arrêté qu'il annonçait fournit l'occasion de plaintes amères, excessives, sur l'atteinte portée à la liberté des votes, le scandale des arrestations arbitraires, et les violences qui en aggravaient la rigueur. Il contenait, entre autres, des phrases de ce genre : c Des mains viles se sont portées sur la personne d'un de vos magistrats; des suppôts de la justice écartaient sa famille. » C'est ainsi qu'en ses jours de prudence relative le parlement de Paris traitait les soldats et les agents chargés d'exécuter les ordres de Tautorité souveraine. Aujourd'hui, le pire de nos journaux n'emploierait pas, en pareille occurrence, des expressions plus méprisantes.
La réponse du roi fut courte et digne 2. « Je ne blâme pas, disait-il, l'intérêt que vous me témoignez sur la détention des deux magistrats de mon parlement; je désapprouve que vous en exagériez les circonstances et les suites, et que vous sembliez l'attribuer à des motifs que le libre cours que j'ai laissé aux opinions ne vous permet pas de présenter. Je ne dois compte à personne des vrais motifs de ma résolution. » Mais à quoi sert le langage delà fermeté, quand les actes trahissent l'incertitude de la faiblesse? Certes, rien n'était plus sage que la lettre du roi aux princes et aux pairs du royaume.
i. Supplications du parlement au roi, au sujet de Pexil de M. le duc d'Orléans et de renlèvemént de MM. Fréteau de Saint-Just et Sabatier de Cabre, arrêtées aux chambres assemblées, le mercredi 23 novembre 1787. BibL nat., Lb««, n» 473.