Annales françaises, p. 138, en note
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de remarquer combien quelques-uns de ceux que leur devoir appelait à être les défenseurs du trône, et qui travaillaient dès lors à la révolution, se jouaient déjà du respect et des bienséances. La députation se retirait. Je sortais le dernier du cabinet avec les gens du roi. Nous touchions encore au seuil de la porte, lorsque Tun des avocats généraux, vieilli dans Thabitude du respect pour les paroles du roi, nous dit à voix très basse : Mais cette réponse n'est cependant pas aussi dure qu'on pouvait le craindre. Hérault de Séchelles, éclatant de rire et parodiant en bouffon la stupidité populaire, répondit tout haut : O mon Dieu^ oui ! vive notre bon roi / » II n'y aurait eu que demi-mal si les révolutionnaires avérés, comme Hérault de Séchelles, eussent été les seuls à qui la bonté du roi inspirât des réflexions contraires au respect traditionnel. Malheureusement, les meilleurs citoyens, les plus éclairés, les plus sages devaient se demander si cette bonté, jusque-là si vantée, ne devenait pas funeste à Tordre en même temps qu'à la liberté de leur pays.
Durant le cours de ces longs débats, Tédit sur les noncatJioliques, présenté à la séance royale du 19 novembre, attendait vainement la sanction de l'enregistemeat parlementaire. On ne saurait imaginer les difficultés infinies, les obstacles de toute nature, contre lesquels venaient se heurter, au seuil de la révolution, les réformes les plus justes et les plus inoflensives. L'appui tardif de la royauté affaiblie ne parvenait pas à leur assurer un succès facile et prompt. La magistrature elle-même, cette magistrature si ardente à réclamer les changements constitutionnels, qui flattaient ses passions, témoignait
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