‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 245 sur 351 · CARICATURE DE GUERRE CIVILE 39S · texte numérisé non relu

CARICATURE DE GUERRE CIVILE 39S

duire une autre religion que la religion catholique *. En définitive, la motion de Lafayette aboutissait à un résultat qui parait presque ridicule quand on le rapproche des circonstances où il s'est produit. Songez qu'un an plus tard Rabaut Saint-Etienne, élu député, • va plaider, à la tribune de l'Assemblée constituante, la cause de ses coreligionnaires, si tant est qu'elle ait besoin d'être plaidée. Que deviendront alors les exigences intempestives de l'Eglise catholique? A quoi serviront les chicanes de la magistrature ? Ce qu'il y a de plus triste dans ce spectable des aberrations humaines, ce n'est pas tant la parcimonie des concessions faites à la justice que le mauvais vouloir avec lequel sont octroyées ces concessions inévitables. Et surtout, que penser d'un régime dans lequel la royauté^ absolue en principe, n'a même plus en fait la force d'imposer des réformes de ce genre? Louis XIV a bien su révoquer l'édit de Nantes, en dépit du respect dû à l'œuvre de Henri IV. Aujourd'hui, Louis XVI est impuissant à réparer la faute de Louis XIV. Il trompe la dernière espérance de Lafayette. Il prouve que, sous son règne, les inconvénients du pouvoir ne sont compensés par aucun bénéfice.

Mais, de toutes les compensations qu'un pays livré au pouvoir absolu ait le droit de lui réclamer, la première est qu'il maintienne, envers et contre tous. Tordre matériel et moral. Nous ne sommés qu'à la fin de janvier 1788. Si l'ordre matériel n'est pas encore sérieusement troublé, déjà l'ordre moral a cessé de régner en France. Suivant la juste remarque de M. Droz «, « on ne

1. Voir dans les Cahieri de 4789, t. II, les détails que donne sur cet arrêt le clergé du bailliage de Besançon.

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