Eodem
Digiti
sonne ne s'étonnera qu'ils y aient glissé des candidats dont le principal mérite était une complaisance éprouvée, et qu'ils soient parvenus à les faire agréer. En dehors de quelques noms, auxquels ils tenaient, les ministres s'en rapportaient volontiers à leurs agents. Une autre faute a été certainement commise. L'édit promettait au tiers état qu'il aurait la moitié des voix, et, parmi les membres désignés pour le représenter, figuraient « beaucoup de nouveaux anoblis » ou de personnes pourvues de charges conférant la noblesse, c'est-à-dire les gens qui lui inspiraient le moins de confiance et de sympathie *.
Sans insister davantage, et sans tomber dans l'exagération contraire à celle que nous critiquons, il est permis d'affirmer que les choix officiels n'étaient pas assez irréprochables pour consoler le pays de n'y avoir aucune part. Néanmoins, les intendants eurent beau faire : l'esprit d'opposition qui régnait à cette époque était si général et si fort, que les membres sur le dévouement desquels ils comptaient le plus s'y laissèrent entraîner. Plusieurs de leurs candidats favoris trompèrent leur espérance. Ce n'est pas du tiers état que leur vinrent les plus grands déboires. Ils rencontrèrent, dans les rangs de la noblesse et du clergé, des prétentions envahissantes, qui n'attendirent pas l'ouverture des assemblées pour éclater avec fracas . Bientôt un incident significatif apprit au gouvernement de Louis XVI qu'il n'aurait pas meilleur marché de ses commissions royales que d'assemblées franchement représentatives. Quelques explications sont ici nécessaires.
Lorsque Necker avait fait le premier essai de son système dans les deux provinces de la Haute-Guyenne et du Berry, on lui avait reproché avec raison de mécon-