Arch. nat., eodem
2. La commission intermédiaire de Poitiers, dans une lettre du 12 mai 1788f expose qu'elle a cru devoir maintenir Tintervention des assemblées générales dans les affaires importantes des communautés; mais comme elle aussi reconnaît les inconvénients graves de ce rouage administratif, elle propose de les remplacer par un conseil des notables, chargé de délibérer avec rassemblée municipale ordinaire, dans les cas d'une importance extraordinaire. {Archives nationales, H. 1599.)
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plusieurs aimées d'épreuves, de tâtonnements, de retouches; et le ministère, qui venait de l'entreprendre, avait à peine quelques mois devant lui. Elle ne pouvait produire de résultats satisfaisants que dans des circonstances normales ; et, c'est au milieu de conjonctures exceptionnelles, inouïes, qu'elle commençait à fonctionner. Si le gouvernement de Louis XVI s'était décidé plus tôt, il aurait trouvé dans la reconnaissance des populations la juste récompense de ses efforts. Cette fois, il ne leur avait pas marchandé les améliorations précieuses. Il les avait si bien traitées qu'elles-mêmes ne réclamaient pas davantage. Mais les meilleures réformes, quand elles arrivent trop tard, risquent d'occasionner plus de mal que de bien. Dans l'état d'effervescence qui troublait les esprits, il ne fallait guère compter sur la reconnaissance d'aucun Français, et le moindre ébranlement risquait de provoquer une commotion funeste. A la vérité, les premières élections municipales ne paraissent pas avoir agité le pays autant qu'on devait le craindre. Habitués à se défier de tout, les paysans se tiennent d'abord sur la réserve : ils s'écartent du scrutin. Puis voilà que les intendants, les subdélégués, les membres des assemblées de province et de district, ceux des bureaux intermédiaires, tout le monde les pousse à secouer leur inertie. Les plus purs gentilhommes sollicitent l'honneur de leurs suffrages. Ils finissent par reconnaître que la chose est sérieuse et qu'ils ont vraiment reconquis le droit d'intervenir dans la gestion des intérêts locaux. Alors ils consentent à voter. Ce premier pas franchi, ils s'enhardissent, ils s'animent. La pensée leur vient que bientôt peut-être ils seront appelés à exercer une influence quelconque sur la gestion des intérêts généraux. Le progrès obtenu ne sert qu'à leur suggérer l'ambition de progrès plus larges. D'un autre côté, le
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contre-coup de ce mouvement ne va pas tarder à s'étendre jusqu'aux villes et bourgs. Dès que leurs habitants verront le système électif introduit dan» les villages de leur banlieue, ils ne manqueront point de réclamer leur part d'un bienfait auquel ils attachent encore plus d'importance que tes paysans. Pour l'obtenir, ite s'agiteront à leur tour. Ils se plaindront des lenteurs qu'on apporte à les satisfaire. Sous ces divers rapports, personne ne contestera que la réforme administrative de 1787 n'ait contribué, dans une certaine mesure, d'une manière indirecte, à préparer la révolution politique de 1789*
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