PRÉPARATIFS DE COUP D'ÉTAT
cle la faiblesse de Louis XVI. Les Français avaient repoussé la révolution de Maupeou, Taccueilleraient-ils mieux? Un autre projet serait préférable, par cela seul qu'il aurait l'avantage de la nouveauté. Il était possible d'ailleurs de surpasser Maupeou, qui n'avait pris qu'une demi-mesure : bientôt peut-être son parlement eût fait revivre les prétentions de l'ancien. Il fallait porter un coup décisif. » On sait aujourd'hui quelles étaient les dispositions essentielles du plan de Lamoignon. Afin de réduire plus sûrement les cours de justice à n'exercer que leurs fonctions ordinaires, il conférait le droit d'enregistrement législatif à une cour spéciale, qui devait recevoir le nom de Cour plénière, et dont la composition, adroitement calculée, permettrait d'attendre un dévouement absolu, sans trop choquer l'opinion publique. De pareilles vues ne pouvaient manquer de séduire Brienne. Il chargea le garde des sceaux d'étudier à tête reposée et de préciser les détails de la combinaison à entreprendre *. D'ailleurs, ni l'un ni l'autre ne doutaient de l'assentiment du roi, que les insolences parlementaires avaient fini par faire sortir de sa placidité habituelle. Brienne répondait de la reine. Il n'y aurait plus qu'à chercher une occasion propice, et l'on comptait, pour la fournir, sur l'imprudence des parlements eux-mêmes. En attendant, chaque ministre obéissait au même mot d'ordre. C'était à qui [déploierait le plus d'activité dans la conduite des affaires de son département. C'était à qui signalerait son zèle pour les mesures les plus propres à captiver les faveurs de l'opinion. Un témoin de ces efforts a pris soin d'en conserver le souvenir *. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire son récit : car les faits qu'il rappelle sont en général peu connus et, nulle part, ils ne se trouvent réunis et groupés d'une manière aussi