‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 277 sur 351 · Archives parlementaires y t. IV, p · texte numérisé non relu

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REMONTRANCES DE MARS ET d'aVRIL 465

pour but d'obtenir des condamnés la dénonciation de leurs prétendus complices. C'est cette dernière dont la déclaration du V mai annonçait l'abolition tardive. Dorénavant, les condanmés ne devaient plus être soumis, au moment de leur exécution, qu'à un dernier interrogatoire, iùterrogatoire solennel, avec prestation de serment. Seulement, il faut le lire pour le croire, cette déclaration, si vantée de nos jours, contient en toutes lettres la réserve suivante : « nous nous sommés décidé à essayer, du moins provisoirement, de ce dernier moyen *, nous réservant, quoique à regret, de rétablir la question préalable, si, d'après quelques années d^expérience, les rapports de nos juges nous apprenaient qu'elle fût d'une indispensable nécessité. » Donc, la suppression de la torture n'est ici qu'une réforme provisoire, conditionnelle, et dont la durée doit dépendre du rapport des juges, qui l'ont constamment combattue. Le gouvernement de Louis XVI eût cherché le moyen le plus sûr de perdre le bénéfice de la concession, à laquelle il venait de se résigner, qu'assurément il n'aurait pas mieux réussi. Qu'il tente maintenant un coup d'État, à la façon de Maupeou! Au lieu des sympathies dont il espérait le secours, il ne trouvera partout qu'indifférence ou hostilité.

La tactique des ministres, si maladroitement exécutée, eut pour unique effet de stimuler l'émulation de leurs adversaires. Le parlement de Paris disposait de moyens sûrs pour capter à son tour la faveur publique. Il le savait et il en profita. Le 11 mars 1788, il arrêta de

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