‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 281 sur 351 · REMONTRANGBS DE MARS ET D'AVRIL · texte numérisé non relu

REMONTRANGBS DE MARS ET D'AVRIL

noncer... Ces principes doivent être la règle de votre conduite. Je ne souffrirai jamais qu'il y soit donné la plus légère atteinte. »

Un passage de cette réponse passerait peut-être inaperçu de nos jours, si les contemporains n'avaient pris soin de le recommander à notre attention, c Les magistrats, dit Sallier, avaient accusé les ministres de despotisme; ceux-ci adressèrent aux magistrats le reproche d'aristocratie; et ce cri, si souvent répété depuis par les échos révolutionnaires, sortit pour la première fois de la bouche du roi. Les accusations les plus indiscrètes étaient ainsi prodiguées de part et d'autre. Tout moyen semblait bon s'il présentait l'espérance d'un moment de succès *. » Cette observation d'un parlementaire n'est pas indigne des réflexions de l'histoire. Elle confirme ce que nous-même avons déjà dit plusieurs fois. En vérité, l'ancien régime ne se contentait pas de mettre- en circulation les idées de la Révolution française : il se chargeait de lui préparer son vocabulaire.

Il y avait quelque chose de beaucoup plus grave dans la réponse du 27 avril 1788. Elle rappelait les trop fameuses maximes, développées par Lamoignon dans son discours du 19 novembre. Cette fois encore, ministres et monarque proclament que, suivant eux, la constitution en vigueur n'admet qu'un seul pouvoir législatif, celui du roi. Tout dépend de sa volonté, pour ne pas dire de son caprice, et si parfois il daigne entendre quelques conseils, il prétend demeurer libre de ne pas les suivre. Etait-il opportun de jeter à l'opinion publique cette provocation malsonnante? Un incident va permettre d'en juger.

En ce moment, un des ministres, celui que les Mémoires de Weher dépeignent comme « un homme ins-

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