‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 287 sur 351 · Mémoiresyi. m, p · texte numérisé non relu

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sures projetées, entre autres les réformes à introduire dans Torganisation judiciaire, et la création d'une cour pléniôre, seule investie désormais d'attributions législatives. D'après Sallier *, les plans des ministres émanaient de difTérentes sources : une grande partie leur était fournie par leur entourage. « Le secret, dit-il, était aussi fort mal gardé et le parlement n'ignorait rien de ce qui se tramait. » Au lieu de s'effrayer, comme naguère, du coup suspendu sur sa tête, il croyait, au contraire, effrayer le gouvernement par la hardiesse de ses remontrances et se faire un rempart de l'opinion publique, dont il llattait les passions. Une seule incertitude tenait encore les esprits en suspens. On avait parlé de tant de projets divers, qu'on ne savait plus auquel les ministres s'étaient arrêtés. Le i24 avril 1788, l'ambassadeur de Suède écrivait à Gustave III * : a Les commandants provinciaux ainsi que les intendants ont reçu l'ordre de se rendre à leur poste. On travaille à l'imprimerie royale avec une grande activité et toutes les avenues sont gardées, afin d'empêcher que rien ne transpire. Il y a des raisons de croire qu'on verra d'ici à peu des changements considérables. »Peu après, d'Éprémesnil «parvint à corrompre la femme d'un des ouvriers enfermés dans l'imprimerie royale et par elle son mari \ » Une boule de glaise fut lancée par la fenêtre d'un des ateliers. Elle renfermait quelques fragments des feuilles en cours d'impression, et révéla les dispositions principales des dernières mesures adoptées par les ministres.

Une fois nanti de ce renseignement précieux, d'Éprémesnil courut chez le premier président demander une assemblée générale des chambres. Il obtint sans peine

i. Annales françaises ^ p. iiO-141.

2. Gustave III et la cour de France, par M. Gefîroy, t. H, p. 86.

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