‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 289 sur 351 · Mémoires de Webei\ eodem · texte numérisé non relu

Mémoires de Webei\ eodem

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tulations des provinces; — Tinamovibilité des magistrats..., le droit de chaque citoyen de n'être jamais traduit en aucune matière par-devant d'autres juges que ses juges naturels, et le droit, sans lequel tous les autres sont inutiles, de n'être arrêté par quelque ordre que ce soit, sans être remis sans délai, entre les mains des juges compétents. Proteste ladite cour contre toute atteinte, qui serait portée aux principes ci-dessus exprimés; — déclare unanimement qu'elle ne peut en aucun cas s'en écarter..., et, dans le cas où la force, en dispersant la cour, la réduirait à Timpuissance de maintenir par elle-même les principes contenus au présent arrêté, ladite cour déclare qu'elle en remet dès à présent le dépôt inviolable entre les mains du roi, de son auguste famille, des pairs du royaume, des États généraux, et de chacun des ordres réunis ou séparés qui forment la nation. » D'Éprémesnil était si sûr de ses collègues qu'il avait inséré d'avance dans son projet de rédaction le mot unanimement. Il ne se trompait pas. Aucune objection ne se produisit. La déclaration fut bien réellement unanime.

C'est qu'en effet, il ne faut pas juger les hommes et les choses de cette époque, d'après les habitudes de prudence que la notre a contractées, par suite de longues et terribles épreuves. A propos des réformes de Turgot, Michelet a eu raison de dire : « On a beaucoup parlé de Turgot et fort mal. On ne le comprend pas, si on ne se replace en ce temps, dans ces circonstances. Le temps, le temps, c'est tout. Laissez là vos systèmes. Seraient-ils bons en eux, ils sont absurdes ici ; ce n'est pas d'un pays quelconque qu'il s'agit, c'est de la France d'alors, opposée sous tant de rapports à la France que vous voyez. » Le jour où le parlement de Paris se sentit menacé d'un coup d'État, n'ayant que quelques jours, peut-être quelques heures devant lui, pour exprimer sa

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pensée, attester le but de sa conduite, opposer aux violences de la force les revendications de la justice, il ne trouva rien de plus naturel et de plus conforme aux idées de son temps que de publier une véritable Dédch ration des droits. En face de la monarchie absolue, il proclama « tes principes de la monarchie constitutionnelle; » et les plus sages magistrats, les princes, les dues et pairs, tous les membres présents à la séance s'empressèr^t d'adhérer à cette proclamation solennelle. De même, en juillet 1789, quand FassemMée nationale se vit à son tour menacée dans son existence, ignorant si jamais elle parviendrait à dresser la constitution qu'elle méditait, alors la pensée lui vint * de publier, à tout événement, une déclaration en quelques articles, dans laquelle aux principes de l'ancien régime elle opposait les principes du régime nouveau. Nous aurons plus tard à examiner les miérites ou les défauts de cette oeuvre. Constatons ici, qu'aux yeux des cont^QQporains, elle n'offrait rien d'insolite, puisque l'As^ semblée nationale se bornait â suivre l'exemple que lui avait donné la cour des pairs.

Avant de se séparer, l'assemblée du 3 mai avait pris une dernière résolution. Elle avait décidé d'adresser au roi des remontrances « itératives » siïr la séance royale du 19 novembre et la réponse du 17 avril. Le texte, inspiré par d'Éprémesnil, fut définitivement adopté dans la séance du 4 *. Nous avons eu déjà l'occasion d'en citer un passage, afin de montrer au sortir de quelle torpeur,

i. La première proposition d*ui»e Déclaration des droits, faite par Lafayette, est du H juillet 1789, après le renvoi de Necker et avant la prise de la Bastille.

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