‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 3 sur 351 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

effet, qui cavait accoutumé le peuple aux attroupements et à la résistance? Les parlements. Qui, dans les provinces, avait montré le plus d'hostilité contre Tautorité royale? La noblesse. Qui avait refusé avec le plus d'opiniâtreté de venir au secours du trésor...? Le clergé. C'étaient véritablement les parlements, la noblesse et le clergé qui avaient, seuls, déclaré la guerre au gouvernement et donné le signal de Tinsurrection. Le peuple n'était là que comme auxiliaire, et ce ne fut que Teff'et des scènes sanglantes, dans lesquelles un nombre considérable de citoyens étaient tombés sous les coups des soldats, qui porta l'irritation parmi les classes inférieures. D'un autre côté, les troupes avaient laissé percer leur répugnance à tirer sur le peuple, et il ne fallait plus qu'une nouvelle tentative du même genre, pour détruire, parmi les militaires, le dogme de l'obéissance passive, et mettre tout à fait à découvert l'impuissance du gouvernement. Enfin, dès cette époque, tous les éléments de l'ancienne monarchie n'étaient-ils pas en dissolution? N'étaient-ce pas les désordres, le manque d'argent, en un mot, la désorganisation imminente du corps politique, qui avaient forcé de recourir à la convocation des Etats généraux? »

Ainsi se retrouve, sous la plume du révolutionnaire, la même doctrine que sous celle du royahste. Consultez les autres contemporains, ceux qui ont vu les choses de plus près, ceux qui en ont le mieux suivi l'enchaînement, ils s'accordent tous pour rattacher à la convocation des Notables l'origine de la crise. Au reste, quiconque se donnera la peine de vérifier leur opinion.

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