Mémoires de Weber, p
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guration de la cour plénière, et jusque-là de rester à Versailles, tandis que les deux chambres des enquêtes devaient aussitôt regagner Paris. Les meneurs trouvèrent moyen de déjouer cette manœuvre. En descendant des appartements royaux, où venait de se tenir le lit de justice, ils provoquèrent une assemblée immédiate du parlement, « non pas dans un jeu de paume, dans une auberge de Versailles * ». Là, ils invoquèrent le serment qui liait tous et chacun des magistrats. De leur côté, la plupart des ducs et pairs, chez lesquels « Tesprit d'opposition était porté au plus haut degré », s'élevèrent avec énergie contre le moindre signe de défaillance; et la grand'chambre, entraînée malgré elle, écrivit, séance tenante, une lettre au roi, dans laquelle elle lui déclarait rimpossibilité absolue où elle croyait être d'accepter les fonctions que lui conféraient les nouveaux édits. Par un dernier scrupule, ses membres ne refusèrent pas d'assister à la prétendue réunion de la cour plénière. Ils se contentèrent de rédiger, avant de s'y rendre, une protestation unanime, qu'ils renouvelèrent le soir, à leur sortie. Parmi les signatures dont ces actes sont revêtus, on remarque entre autres celle de d'Aguesseau, le propre gendre de Lamoignon *.
Ce fut une chose étrange, inouïe, que la séance d'inauguration du 9 mai. Un grand nombre de ceux qui devaient composer l'assemblée n'étaient pas encore nommés. D'autres n'avaient pas été prévenus. Quant aux assistants, presque tous avaient annoncé d'avance qu'ils ne venaient là que forcés et contraints, et qu'ils entendaient y garder une attitude « purement passive ». Informé de ces dispositions, Louis XVI parla comme s'il les ignorait ou s'il n'en tenait aucun compte. « Messieurs,