Michelet, Louis XV et Louis XVI, p
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quoiqu'elle présente moins d'intérêt, la révolte du Béarn n'en est pas moins instructive. Avant de voir comment le gouvernement de Louis XVI a perdu les batailles qu'il a livrées, nous avons cru utile de raconter comment, sur d'autres points, il s'est laissé vaincre sans même engager le combat.
De toutes les provinces de France, aucune n'inspirait autant de craintes aux ministres que la Bretagne. Ils connaissaient les prétentions ambitieuses de sa magistrature, la turbulence de sa noblesse, l'union étroite qui régnait entre ces deux classes, l'attachement du pays tout entier à ses anciennes institutions et l'ardeur jalouse du patriotisme local. Dans un milieu si réfractraire, la publication des édils ne pouvait manquer de produire des troubles redoutables. Aussi crut-on prudent d'y rassembler de nombreux corps de troupes. Mais la valeur d'une armée, surtout devant Fémeute, dépend en grande partie de la fermeté de celui qui la dirige, et Ton commit la faute de confier celle-ci au chef le moins capable et le moins désireux d'en tirer un parti efficace. Le comte de Thiard, commandant militaire de la province, faisait le digne pendant de M. de Lons, que nous venons de voir à l'œuvre en Béarn. Son unique préoccupation était d'éviter les occasions de conflit et de se débarrasser le plus vite possible d'une tâche qu'il n'accomplissait qu'à regret. Ce n'était pas, de sa part, une simple faiblesse de caractère. En sa qualité de gentilhomme, il n'éprouvait pour les écarts de la noblesse qu'indulgence et sympathie; comme homme du monde, imbu des doctrines de Tépoque, il
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