‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 343 sur 351 · FIN DES TROUBLES DE BRETAGNE S · texte numérisé non relu

FIN DES TROUBLES DE BRETAGNE S

et dont il ordonna la réparation. > Ici Barrère va évidemment trop loin. Il oublie qu^il a fait lui-même partie d'un autre comité, celui dit de Salut public, dont les annales dépassent de beaucoup en noirceur le despotisme du pauvre Louis XVI.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement, poussé à bout, ne se borna pas à sévir contre la députation bretonne. Quiconque s'était associé à ses démarches, par un acte quelconque d'adhésion, fut éloigné de la cour. Le comte de Boisgelin perdit sa place de maître de la garde-robe. Même une femme, la duchesse de Praslin, subissant la peine de la faute commise par son mari, fut rayée de l'état des Dames du palais. A la nouvelle de ces sévérités inattendues, « toute la noblesse bretonne courut à Rennes la rage dans le cœur et la menace à la bouche ^ » Cependant, elle ne tarda pas à comprendre que, n'ayant pas le droit de s'assembler sans autorisation, elle risquait d'être plus nuisible qu'utile aux prisonniers de la Bastille, en réclamant elle-même leur délivrance. Ce fut la commission intermédiaire des états, corps légalement constitué, qui se chaîna d'intervenir et d'expédier une nouvelle députation, composée de 18 membres. Il fallut courir au-devant d'eux, pour les empêcher d'entrer, soit à Versailles, soit à Paris , et de remplir ces deux villes du bruit de leurs plaintes. Ordre leur fut signifié d'attendre, à Saint-Denis, le jour où il plairait au roi de les recevoir. Sur ces entrefaites, on apprit que le parlement de Bretagne, qui, depuis son exil, avait gardé le silence, venait de reparaître sur la scène. Trompant la surveillance dont il était l'objet , il s'assembla dans un château des environs de Vannes, et, c de concert avec les principaux membres de la noble sse, » appelés à cette séance iUioite, il arrêta l'envoi d'une qua-

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