POLITIQUE DE MAUREPAS
lité fâcheuse *. C'est faire trop d'honneur à la politique qu'il avait suivie jusque-là. Partisan fidèle de l'ancien régime, il était toujours resté hostile aux réformes et aux réformateurs. Mais il tenait trop à son crédit pour le compromettre, en heurtant les dispositions libérales que Louis XVI manifesta lors de son avènement. Il aimait trop son repos pour le troubler, en affrontant du même coup la défaveur royale et les colères de l'opinion publique. D'ailleurs, il connaissait le terrain : il savait quels obstacles allaient y rencontrer les moindres tentatives d'innovation. S'il laissa Turgot et Necker s'élever tour à tour au contrôle général, c'est qu'il gardait l'espoir secret de les voir s'user promptement; c'est qu'il était sûr d'entraver leurs efforts et, au be*soin, de décider leur disgrâce. Cette tactique n'a pas trompé les yeux clairvoyants du marquis de Mirabeau, de l'Ami des hommes. A propos de Malesherbes et de son court passage aux affaires : « Ils voulurent, dit-il •, le fourrer dans le gouvernement, au moment où la patience des renards de cour prétait le terrain aux gaucheries opiniâtres de l'extatique Turgot. Il y a toujours du profit, pour les habiles gens, à laisser ces vertueux objets de l'infatuation populaire se perdre d'euxmêmes et se discréditer, eux et leur espète, auprès d'un jeune prince. Ce genre d'expérience fait place à l'axiome favori du pays qui dit que : Les, honnêtes gens ne sont bons par malheur à rien •; et cela est très certain au pays des malhonnêtes choses. » Quand Maurepas fut débarrassé du dernier spécimen de cette vertueuse espèce^ quand il sentit le roi dégoûté des novateurs, '