‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 73 sur 351 · EMBARRAS DES FINANCES · texte numérisé non relu

EMBARRAS DES FINANCES

seul qui méritât de tenir une place dans leurs préoccupations.

A ces difficultés principales s'en joignait une troisième qui consistait à se rendre compte des deux premières. Les pratiques administratives de Tancien régime étaient si défectueuses, la comptabilité si imparfaite et si confuse, qu'un contrôleur général, disposant des pièces officielles, habitué à leur complication, au courant de leurs mystères, ne pouyait qu'à grand'peine établir le bilan approximatif de la situation. Galonné en fit répreuve, le jour où, pressé par les circonstances, il résolut de débrouiller ce chaos et, surtout, de fixer le chiffre précis du déficit annuel. C'est encore lui qui s'est chargé de nous apprendre quel immense travail nécessitait jadis un calcul en apparence si simple. « Il semble, a-t-il dit dans son discours d'ouverture à l'assemblée des Notables *, qu'il soit bien facile à un ministre des finances de former un compte exact des recettes et dépenses ordinaires et annuelles. On croirait qu'il doit le trouver dans les états de situation qu'on lui remet à la fin de chaque mois et qu'il présente luimême au roi pour le règlement des fonds de l'année suivante. Mais ces états, quelque soin qu'on apporte à leur confection, ne peuvent servir qu'à faire apercevoir les ressources extraordinaires qu'on est dans le cas de se procurer dans l'année pour laquelle ils sont faits; on ne peut en conclure rien de précis ni de certain sur la situation ordinaire. Le nombre prodigieux de parties hétérogènes et variables, dont ils sont composés, l'enchevêtrement des différents exercices, la confusion provenant des prélèvements locaux sur des recouvrements plus ou moins retardés, le rejet des valeurs et assignations reportées d'une année sur l'autre, la multitude

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