‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 74 sur 351 · Archivée parlementaires, tome 1, p · texte numérisé non relu

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incalculable des causes imprévues qui peuvent changer Tordre des dépenses et celui des remboursements; enfin, le mélange presque inévitable de l'arriéré, du courant et du futur, du fixe et de Tévenluel, de ce qui n'est le résultat que de virements, d'avec ce qui doit être compté pour effectif : toutes ces causes réunies rendent extraordinairement difficile de discerner ce qui appartient à chaque année, pour former une balance juste de l'état ordinaire et annuel. Persuadé qu'il est de la plus grande importance de s'en assurer, et qu'en instruire le roi, sans aucune dissimulation, est un devoir rigoureux de ma place... je n'ai rien négligé pour parvenir à mettre sous ses yeux un compte général de ses finances, dont je puisse lui garantir et justifier l'exactitude. »

Il est possible qu'à force de travail. Galonné, aidé par ses bureaux, soit parvenu à mettre sous les yeux du roi Louis XVI des résultats à peu près exacts et des justifications péremptoires. Il est douteux qu'il ait fourni à l'Assemblée des Notables des renseignements aussi sincères et des moyens de contrôle aussi faciles. En tous cas, cette assemblée n'a pas su ou n'a pas pu démêler la vérité dans le fatras de chiffres soumis à son examen. Quand elle a prétendu refaire les calculs de Galonné relativement au déficit, elle a commis des erreurs manifestes. Là où elle s'est trompée, l'histoire risquerait de se tromper à son tour, si elle était chargée de vérifier chaque détail et d'arrêter article par article le bilan de l'ancien régime. Heureusement sa tâche est moins ardue. Elle n'a pas besoin de procéder avec la précision d'une cour des comptes *. Il lui suffit de relever çà et là quelques points saillants, de mettre en lumière quelques

1. Une cour des comptes serait elle-même fort embarrassée. Les comptes de 1786 n'ont jamais été apurés; et Tétat d'imperfection, où ils sont toujours restés, a forcé Bailly, malgré sa compétence financière, de se contenter de résultats approximatifs. Hist, financ. de la France, t. Il, p. 287.

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