Droz, Hist. de Louis XVI, t. I, p
Digiti
existaient déjà montaient à 201 609 000. Elles se trouvèrent tout à coup portées à 255 000 000. C'était, suivant Galonné, rextrême limite qu'elles dussent atteindre. « Anticiper encore », disait-il aux Notables, « on ne Ta que trop fait, et la prudence exige qu'on diminue chaque année la masse des anticipations actuelles. » Il n'osait pas proposer de supprimer en bloc des valeurs, dont la commode émission venait de lui rendre tant de services. Enfin, il ne recula pas devant l'extension illégale, abusive, donnée à des emprunts antérieurs, remplis et clos depuis plusieurs années. « Réduit, ditil dans sa Requête au roi *, par les difficultés mêmes qu'avait éprouvées au parlement l'emprunt de décembre 1785, à ne compter que sur des expédients secrets pour combler un vuide énorme, j'ai eu recours aux emprunts indirects, et, avec tous les ménagements nécessaires pour ne pas affaiblir l'entière confiance qu'on me montrait, j'ai su tirer parti de ceux de 1781 et de 1782. Et voilà ce qu'on inculpe ! »
Il y aurait, en effet, bien à dire sur l'espèce de tour de force accompli par Galonné, si l'on jugeait sa conduite sans tenir compte des circonstances qui entravaient sa liberté d'action. Quoi qu'on ait dit de la légèreté de son caractère. Galonné paraît avoir été sincèrement « pénétré de la nécessité pressante de remédier au déficit annuel », qu'il considérait comme « la vraie cause de la crise du moment. » Mais, il n'était pas moins convaincu, qu'avant d'entreprendre publiquement la solution de ce problème capital, il fallait, pour ne pas compromettre le succès, débarrasser en secret le terrain de tout autre embarras. La nature même de la tâche lui interdisait des scrupules intempestifs. « Ge n'était point assez, ditil ', d'être vivement occupé du parti à prendre pour