‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 11 sur 362 · Mémoires de Weber, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Weber, p

montré tant de faiblesse, fut relevé de son commandement, et remplacé par le maréchal de Vaux, « l'homme le plus ferme, le plus violent qu'il y eût dans l'armée française * ». On augmenta l'effectif des troupes placées sous ses ordres. Tout annonçait que la main du gouvernement allait enfin se faire sentir aux Dauphinois, s'ils se hasardaient à le braver. Aucun d'eux ne s'effraya. Les justes précautions prises par Brienne ne servirent qu'à leur rendre ses promesses encore plus suspectes et à les confirmer dans la pensée que la plus sûre manière d'obtenir ce qu'ils voulaient était de le conquérir de haute lutte. D'ailleurs les gentilshommes connaissaient le nouveau commandant. Ils comptaient sur les sympathies de caste pour ébranler la fermeté du soldat : et ils ne se trompaient pas. Une fois encore la volonté du ministère, même la mieux justifiée, devait échouer devant la résistance de ses propres agents. « A peine arrivé % le maréchal défendit, sous des peines grièves, de porter la cocarde bleue et jaune, couleurs du Dauphiné, dont on avait fait un signe de patriotisme. On obéit à ce premier ordre; mais il y eut sur-le-champ scission entre le commandant et la noblesse. Cette dignité de maréchal de France, dont le respect était gravé si avant dans le cœur de tout gentilhomme et de tout militaire, n'attira aucun hommage à un guerrier qui l'avait méritée par de si longs et de si honorables services. On ne le visita point, on ne répondit à aucune de ses invitations; et on lui fit savoir que tous ceux qui étaient appelés à l'assemblée du 21 juillet s'y rendraient, quoiqu'on voulût ordonner de leur sort. Le maréchal écrivit en substance au gouvernement — qu'on l'avait envoyé trop tard ; que, quand toute la noblesse d'une province avait déclaré qu'elle tiendrait une assemblée, elle la tiendrait

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