PRÉLIMINAIRES DE L ASSEMBLÉE DE VIZILLE
Brieiine résolut de rendre aux Dauphinois leurs anciens états : ses efforts se réduisirent à les empêcher d'en reprendre eux-mêmes possession. Il appela près de lui lés trois députés de la noblesse, restés à Versailles depuis le commencement de mai, et les deux consuls de Grenoble, qui venaient d'être mandés à la suite de la cour. Loin de récriminer contre le passé, il les reçut avec Taffabilité la plus gracieuse et leur assura que pleine satisfaction serait donnée à leurs demandes, pourvu qu'ils s'abstinssentde démarches ouvertement illégales. Malheureusement les Dauphinois n'étaient qu'à demi rassurés sur la sincérité d'une conversion aussi tardive que brusque. Ils prirent acte des promesses du ministre, sans contracter, au nom de leurs compatriotes, un engagement quelconque. On raconte que, dans le cours de cette audience, Brienne aurait dit à ses interlocuteurs, en parlant des anciens états de leur province : « Mais, vous ne les voulez sûrement pas avec tous les vices féodaux de ces institutions gothiques, où le peuple était compté pour si peu*. » On lui prête même la pensée d'avoir cherché, par ce propos, à semer la division entre les ordres. Ici l'accusation tombe d'elle-même, si l'on réfléchit que la délibération du 14 juin avait déjà rompu avec les vices féodaux de l'ancien état de choses. Sur ce point, Brienne n'avait plus de conseils à donner aux Dauphinois. Il avait tout au plus à les féliciter de leur initiative,- et s'il s'est permis de le faire, nous ne voyons pas en quoi sa conduite mérite Fonibre d'un< reproche.
Quel qu'ait été son langage, il est certain qu'il tenait à empêcher l'assemblée illégalement convoquée pour le 21 juillet,. et à préserver Fautorité royale de cette dernière atteinte. Le duc de Glermont-Tonnerre, qui avait